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Bingo !

Photo du rédacteur: guillaume jouetguillaume jouet


 

Après Autour du Rocher et un nouveau restaurant à Saint-Jean, c’est au tour de l’Emeraude d’obtenir son permis de construire en lieu et place de l’ancien hôtel.


Là encore, les motifs de refus existaient, à commencer par le non-respect du jugement qui avait annulé le permis précédent : un sous-sol et un parking souterrain qui s’avéraient dangereux pour les utilisateurs en cas d’inondation soudaine. Le parking est toujours prévu et sera désormais interdit aux clients. Mais qu’en est-il des employés qui seront bien obligés d’y séjourner pour assurer la rotation des véhicules ? Les juges n’avaient pas fait de distinguo entre clients et personnel, se contentant de parler des « usagers ». Les élus ne s’encombrent pas de telles considérations et estiment donc que les précautions de mise pour les touristes ne valent pas pour les saisonniers.


Oublié, l’effet dévastateur du sytème de dessalement d’eau de mer prévu par les propriétaires. Les rejets se feront en baie de Saint-Jean, contribuant encore et toujours à la destruction bientôt définitive de la barrière de corail. 

Quand le premier permis avait été accordé, même Bruno Magras avait exigé une étude approfondie sur les éventuelles conséquences que pouvait avoir ce système avant toute mise en service. Prescription cette fois absente de la délibération : à quoi bon prendre des précautions et pinailler sur de vulgaires considérations écologiques ? Qu’importe qu’il reste du corail à Saint-Barth, on pourra toujours décorer les fonds marins avec du béton pour faire plus propre.


On est donc partis pour 3 815 m² de surface de plancher (on n'ose imaginer l'emprise au sol totale), mais qu'on se rassure, le pétitionnaire devra replanter des graines de Gaïac et d'amarres créoles, en espérant qu'il trouve un peu de place entre les transats et les fosses septiques pour le faire.

 

Trois permis emblématiques des dérives dénoncées une fois de plus lors du dernier conseil territorial : aggravation de la circulation, et pression sur les logements, sur l'usine de traitement des déchets et sur le réseau EDF. Mais avant ces réjouissances, des années de travaux qui vont encore et toujours engendrer tous les désagréments possibles pour la population et les visiteurs : va-et-vient de camions, BRH à tout va… Constat alarmant d'une île à la dérive non contredit, voire approuvé la bouche en cœur par les quatre élus qui ont voté pour ces trois projets.

Pourtant, seuls Hélène Bernier, Maxime Desouches et Bettina Cointre ont tenté de contrer le projet Emeraude au sein du Conseil exécutif. Romaric Magras et Alexandra Questel, fidèles à leur père spirituel, ont voté pour. Quant à Xavier Lédée et Marie-Angèle Aubin, ils n'ont sans doute pas encore trouvé « les arguments pour contrecarrer ce projet ». Dommage, ils auraient eu alors « le choix de dire NON » (Paroles, paroles, paroles…).


Mais l'absence de courage politique n'explique pas à elle seule ce désastre. Si la Collectivité s'était dotée de nouvelles règles d'urbanisme depuis les dernières élections, ces projets n'auraient pas pu voir le jour. Pour cela, il aurait fallu choisir entre saborder une majorité fragile ou travailler avec tous les élus pour le bien-être de Saint-Barth. Il semble que le choix a été fait et que cette mandature ne sera finalement que la continuité d'une politique qu'elle prétendait combattre.

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